Mémoire(s) de guerre

« L’éclairage des conflits est devenu indirect, tout se joue désormais dans la faible clarté des écrans cathodiques, guerre des images où les séquences qui surgissent sur l’écran sont le signe de menaces apocalyptiques. » Paul Virillo

Pour son premier événement le collectif 3-8 décide de mettre la lumière sur l’individu, sur le spectateur, l’acteur de la guerre.
L’espace de l’Autonomie devient le terrain d’attaque de la représentation, de l’archivage de l’imaginaire guerrière pris d’assaut par des cinéastes et artistes.

Dans leur vidéo Visionary Iraq, Benjamin Crotty et Gabriel Abrantès se mettent en scène dans un décor cheap avec une esthétique pop des années 90. Les deux cinéastes jouent tous les personnages et mettent ainsi en exergue les différents intérêts individuels durant la guerre irakienne.

Avec ITEOTWAWKI After Effects, Andrea Marioni se fait, quand à lui, porte-parole vivant des commentaires des différents journaux télévisés mondiaux traitant de la guerre irakienne. Une expérience de « cinéma parlant » mélangeant image et son, dans laquelle le spectateur devient la mémoire vivante de ses propres archives.


ITEOTWAWKI After Effects, Andrea Marioni, performance de cinéma parlant.
Que se passe-t-il quand on regarde trop la guerre à la télévision ? Et quand un conflit se déroule sur les écrans pendant neuf ans, qu’il est orchestré comme un soap-opéra ? N’est-il pas possible que certains personnages deviennent des sortes de vétérans, hantés par des images récurrentes, que leur quotidien soit confronté à différentes dimensions, engagés malgré eux dans une lutte contre la surface de l’écran ?
L’ITEOTWAWKI est un syndrome ou une imposture, une réflexion en plusieurs portraits d’une génération dont les comportements sont les effets à retardement de la guerre en Irak.