flyer_christophe_vaubourg_flyer_clovis_duran_retina_2015

En prélevant des images de notre histoire culturelle et graphique et en leur associant des phrases ou des slogans extraits d’autres contextes (actuels ou éloignés), les installations de Christophe Vaubourg condensent des anachronismes, opèrent des raccourcis et mettent en scène des accélérations temporelles. Slogans célèbres, dessins ratés ou aboutis, détails hypertrophiés, ruptures d’échelle, cadrages élaborés ou naïfs jouent à mettre en place un récit fondamentalement lacunaire. Des fictions de désordre s’introduisent ainsi à l’intérieur d’un système organisé pour en réveiller l’imaginaire. Théâtralisant le réel, l’espace lui-même et son contexte, ses pièces se nourrissent de l’inconscient collectif porté par les utopies dites négatives (piraterie, pornographie, série B, musique rock…). C’est en multipliant tous azimuts ces références que se produit la possibilité d’un récit encore en suspens, à vrai dire suspendu à l’expérience du spectateur. Par cet assemblage hétérogène d’idées, ces images s’articulent dans des mises en scène aux accents paranoïaques. Pas question pour autant de virer au drame, au contraire, ces dispositifs proposent une ambiance teinté de ce que l’on pourrait qualifier d’euphorique fataliste : mixant tour à tour cinéma gore et roman à l’eau de rose, Egon Schiele et Star Trek, Frida Kahlo et le Black Metal, injectant l’étrange dans le familier, noyant l’insolite dans le banal. Le spectateur est alors placé dans une position d’explorateur-acteur des récits et hallucinations de l’artiste, ceux-ci prenant souvent leur source dans l’imaginaire véhiculé par la vision et les genres cinématographiques (film noir, d’espionnage, de science-fiction, ou encore road movie). Ce qui importe à Christophe Vaubourg, ici, c’est la conséquence de ce processus, ses effets, et non sa lisibilité.

 

porte vitre christophe vaubourg rosa brux

channel christophe vaubourg rosa brux

grille pain 1

intermedes_geographiques_with_rosabrux_website_2